Exécuter les réformes, pas seulement les formuler : l’apport du Balanced Scorecard et du processus XPP

1. Introduction

Qu’est-ce que la méthode Balanced Scorecard ?

Le Balanced Scorecard (BSC) est un cadre stratégique intégré permettant de traduire la vision et les priorités d’une organisation en actions concrètes, mesurables et alignées à tous les niveaux.

Développé au début des années 1990 par Robert S. Kaplan et David P. Norton de la Harvard Business School, le BSC est aujourd’hui une référence mondiale en pilotage stratégique et gestion de la performance.

Les fondateurs – Kaplan et Norton (Harvard Business School)

Kaplan et Norton ont démontré que 90 % des stratégies échouent non à cause de leur formulation, mais à cause d’une mauvaise exécution.
Leur méthode comble ce fossé avec une articulation stratégique autour de 4 perspectives :

  • Parties prenantes / Finance
  • Clients/Citoyens
  • Processus internes
  • Apprentissage et développement

Une méthode largement adoptée, notamment dans le secteur public

Plus de 70 % des grandes entreprises mondiales et de nombreux gouvernements utilisent le BSC. Il a été adapté avec succès pour :

Assurer la réalisation des résultats et la pérennité des bénéfices
Améliorer la redevabilité et la transparence
Renforcer la coordination interinstitutionnelle
Suivre les politiques publiques et plans de développement

Structurer les relations avec les partenaires techniques et financiers

Exemples d’adoption gouvernementale

États-Unis
US Army

Canada
Ministères fédéraux

Rwanda
Ministère de la Gouvernance locale (Vision 2020)

Émirats Arabes Unis
Stratégie publique d’innovation

Maroc
Ministères des Finances, Intérieur, Justice

Une approche agile et adaptable

Le BSC s’adapte aux réalités des pays en développement :

  • Appropriation progressive via des projets pilotes
  • Compatible avec la Gestion Axée sur les Résultats (GAR)
  • Déploiement rapide (Excel, Power BI…)
  • Renforce la gouvernance par des revues stratégiques

Conclusion

Le Balanced Scorecard est un langage stratégique commun, un cadre de suivi robuste, un outil de transformation publique et une philosophie de gestion orientée résultats.

« Le Balanced Scorecard n’est pas un outil de reporting, c’est une philosophie de gestion et d’exécution. » – R.S. Kaplan

2. Bénéfices stratégiques de la méthode pour l’organisation

Traduction claire de la stratégie nationale ou sectorielle

  • Transformation de la vision en objectifs mesurables via le BSC
  • Priorisation claire des interventions publiques
  • Institutionnalisation d’un processus de pilotage stratégique (XPP)
  • Cycle continu de planification, exécution, revue, apprentissage
  • Intégration de la stratégie dans les processus clés de gestion
  • Meilleure gestion de la performance
      • Suivi des KPIs
      • Décisions fondées sur les données

Avantages organisationnels et culturels

Renforcement des capacités internes

  • Création d’un pôle stratégique permanent (Office of Strategy Management)
  • Développement d’une culture de la stratégie
  • Collaboration renforcée entre directions
  • Alignement des objectifs interinstitutionnels
  • Mise en place d’une gouvernance stratégique
  • Revues stratégiques trimestrielles intégrant toutes les parties prenantes

Avantages pour la coopération et l’impact national

Amélioration du dialogue avec les partenaires / parties prenantes :

  • Présentation structurée des résultats
  • Alignement facilité avec les parties prenantes
  • Alignement facilité avec les bailleurs de fonds / ministère des finances

Alignement des projets sur les priorités nationales :

  • Pilotage efficace du portefeuille de projets
  • Impact sur la performance de l’État dans la gestion des réformes
  • Meilleure cohérence, redevabilité et mobilisation de ressources

Impacts systémiques

Enjeux Apports BSC / XPP
Fragmentation des projets Alignement stratégique multi-acteurs
Faible coordination intersectorielle Gouvernance centralisée et exécution partagée (déconcentration)
Manque de données fiables Tableaux de bord consolidés
Volatilité des plans Continuité via un pôle stratégique permanent
Faible impact des investissements Suivi et évaluation des initiatives clés avec :

  • mesure (méthodes de mesure, cibles, KPI)
  • indicateurs de performance
  • reporting standards
  • revues opérationnelles et stratégiques
Exécution en silos des initiatives stratégiques, source principale des échecs de stratégies / réformes Mise en place d’un Bureau de Gestion de la Stratégie
(Strategy Management Office) doté de :

  • Système de gouvernance de la stratégie
  • Système de performance de l’exécution de la stratégie
Manque de « cadre de référence » et de standards de gestion communs Institutionnalisation d’un processus de pilotage stratégique (XPP) agile :

  • Cycle continu de planification
  • Exécution
  • Revue
  • Apprentissage

Conclusion

L’adoption de la méthode BSC et du processus XPP :

  • Positionner l’organisation comme un acteur central de la transformation / réforme publique en :
    • Se dotant d’une vision d’affaires commune pour une cohésion renforcée des initiatives stratégiques ;
    • Identifiant efficacement des priorités stratégiques ;
    • Mettant en œuvre une stratégie unique avec une exécution décentralisée mais coordonnée ;
    • Favorisant une collaboration effective pour la réalisation d’objectifs stratégiques communs.
  • Renforcer :
    • La performance ;
    • La coordination ;
    • L’impact des politiques et des initiatives stratégiques de développement nationales ;
    • L’alignement organisationnel et le développement de capacités (Capacity Building) sur les stratégies de développement nationales et sectorielles.
  • Instituer un cadre fondamental pour :
    • Renforcer la Gestion Axée Résultats (GAR) ;
    • Développer une culture de performance ;
    • Instaurer une imputabilité basée sur la mesure ;
    • Assurer la continuité des transformations et des réformes (préservation des plans en cas de changements organisationnels).

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Salahdine OURZIK

Salahdine OURZIK — MBA, PMP, BSC/XPP, LMI
Consultant international senior dans la planification stratégique, la transformation organisationnelle et le développement du leadership.
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Réformes publiques en Afrique : pourquoi l’exécution reste le principal défi

Introduction

Les gouvernements africains n’ont jamais autant produit de visions stratégiques, de plans sectoriels ou de programmes nationaux de transformation. Pourtant, malgré des ambitions légitimes, les résultats obtenus restent souvent partiels ou décevants. Le véritable talon d’Achille n’est ni la vision, ni la stratégie : c’est l’exécution.
Selon Forbes et les travaux de Robert Kaplan et David Norton, près de 90 % des stratégies échouent non pas parce qu’elles sont mauvaises, mais parce qu’elles ne sont pas exécutées correctement.

Le paradoxe africain : des visions fortes, des réformes interrompues

L’Afrique n’a pas un problème d’idées. L’Afrique a un problème d’implémentation.
Les réformes s’interrompent, les priorités changent avec les équipes, les projets perdent leur cohérence, les budgets ne suivent pas les priorités et les équipes travaillent en silos.

Résultats :

  • Les intentions se diluent ;
  • Les impacts tardent ;
  • La confiance s’affaiblit.

Adopter un système d’exécution stratégique éprouvé

Dans plus de 70 pays, les gouvernements et grandes entreprises ont adopté la Balanced Scorecard (BSC) et le Strategy Execution Premium Process (XPP) pour passer enfin de la stratégie aux résultats.

Cette méthode permet de :

  • Traduire la vision en actions concrètes ;
  • Aligner les équipes ;
  • Mesurer la performance ;
  • Coordonner les acteurs ;
  • Renforcer la redevabilité ;
  • Ritualiser l’exécution (revues mensuelles ou trimestrielles).

Pourquoi la méthode est parfaitement adaptée au contexte africain

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le déploiement du BSC ne nécessite pas :

Une administration très mature ;
Un budget important ;
Un système informatique complexe ;
Une transformation interne radicale.

Au contraire, l’un de ses principaux atouts est sa scalabilité. On peut commencer petit (une direction ou un ministère pilote), puis étendre progressivement.

Les trois freins psychologiques qui empêchent les dirigeants d’adopter la méthode

1. « C’est trop complexe. »
Faux. Avec les outils modernes, la méthode devient visuelle, intuitive et pilotée par tableau de bord.
2. « Nous n’avons pas assez de capacités internes. »
Un noyau stratégique de 6 à 12 personnes suffit pour démarrer.
3. « La technologie coûte cher. »
Les solutions cloud actuelles coûtent moins qu’une mission internationale.

Les bénéfices concrets pour les gouvernements africains

1. Scalabilité progressive
Adoption graduelle, maîtrisée, sans bouleverser l’organisation.
2. Agilité budgétaire et organisationnelle
Révisions stratégiques trimestrielles et réallocation rapide des ressources.
3. Imputabilité renforcée
Des décisions basées sur des KPI, pas des impressions.

4. Intégration des parties prenantes
Citoyens, bailleurs, ministères : tout le monde voit la même stratégie.
5. Réduction des réformes interrompues
La discipline de pilotage protège les initiatives des cycles politiques.

La technologie : le vrai déclencheur psychologique

Les dirigeants qui hésitent basculent généralement après une démonstration d’applications BSC/XPP. La visualisation des cartes stratégiques, le suivi automatique des KPIs et les alertes de performance leur montrent :

« C’est faisable. C’est concret. Et c’est faisable MAINTENANT. »

Conclusion

L’Afrique n’a pas besoin de nouvelles stratégies, elle a besoin de système pour les exécuter.

La Balanced Scorecard et le XPP offrent :

  • Rigueur ;
  • Transparence ;
  • Coordination ;
  • Impacts mesurables.

L’institutionnalisation de cette méthode dans les administrations africaines serait une avancée majeure pour renforcer la confiance citoyenne, optimiser les ressources, et garantir la réussite des réformes publiques.
L’avenir des politiques publiques africaines dépend moins de la qualité des idées et des concepts que de la capacité à les exécuter

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Salahdine OURZIK

Salahdine OURZIK — MBA, PMP, BSC/XPP, LMI
Consultant international senior dans la planification stratégique, la transformation organisationnelle et le développement du leadership.
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Exécuter la stratégie publique en Afrique : combler le fossé entre vision et résultats

Sommaire

Du fait de sa nature, la stratégie est « trans-fonctionnelle » et, par conséquent, elle ne peut pas être gérée de manière fonctionnelle, en silos.

Points clés

  • 90 % des stratégies échouent à cause d’une exécution défaillante (constat international).
  • Les administrations africaines souffrent davantage d’un déficit d’exécution et de pilotage que d’un déficit de stratégie.
  • La méthode Balanced Scorecard et le XPP fournissent une architecture complète d’exécution de la formulation et de l’exécution de la stratégie.
  • La méthode est évolutive, logique et adaptable aux réalités institutionnelles africaines.

Dans un contexte marqué par la montée des exigences citoyennes et la pression des bailleurs concernés par des résultats tangibles, l’exécution stratégique devient le facteur déterminant de succès dans la réalisation des résultats. Bien que les pays africains disposent de visions ambitieuses, les résultats demeurent limités en raison d’un déficit chronique dans la mise en œuvre. Cet article résume les causes structurelles courantes de cet écart et présente le cadre de référence de la méthode « BSC et XPP » comme levier puissant pour renforcer l’efficacité d’exécution.

Un paradoxe africain : abondance de stratégies, résultats limités

Les gouvernements africains produisent depuis des années des stratégies ambitieuses, mais les réformes peinent à aboutir. Les interruptions, les changements de priorités et le manque d’alignement opérationnel génèrent un paradoxe : une vision ambitieuse et réalisable, une stratégie bien formulée mais une exécution faible qui réduit les bénéfices visés et compromet leur durabilité.

Les causes structurelles du déficit d’exécution

La littérature en management public identifie plusieurs causes majeures : fragmentation décisionnelle, systèmes d’information insuffisants, coordination limitée, culture de performance encore émergente. Ces facteurs créent un écart durable entre stratégie et action.

Points clés

  • L’exécution exige une gouvernance stable et disciplinée.
  • Le leadership doit assurer cohérence, alignement stratégique et continuité.
  • Les revues de performance opérationnelles et stratégiques sont essentielles à la réussite.
  • La coordination doit primer sur l’expansion des initiatives.

La traduction stratégique : passer de la vision à l’action

Une vision ne devient opérationnelle que lorsqu’elle est traduite en objectifs concrets, mesurables et alignés sur la stratégie et les capacités organisationnelles. La Balanced Scorecard apporte cette structuration essentielle pour assurer une cohérence et une exécution rigoureuse.

La Balanced Scorecard : un système holistique orienté résultats

La BSC équilibre la performance autour de quatre perspectives :

  • Parties prenantes / finances
  • Client / Citoyen
  • Processus internes
  • Apprentissage et développement

Elle aligne l’ensemble de l’organisation sur des priorités stratégiques intégrées et partagées.

XPP : une architecture complète pour exécuter la stratégie

Le Strategy Execution Premium Process (XPP) structure toute la chaîne de valeur de l’exécution. De la formulation à la gouvernance, le XPP fournit les mécanismes nécessaires pour institutionnaliser la discipline d’exécution.

Un modèle parfaitement adapté au contexte africain

La BSC ne nécessite pas de transformations lourdes ni de systèmes informatiques complexes. Sa force réside dans sa scalabilité : elle permet de démarrer avec un pilote avant un déploiement élargi progressivement.

Les impacts attendus pour la performance publique

Les bénéfices du BSC/XPP sont multiples et prouvés à l’international dans le privé et dans le publique : Transparence, agilité budgétaire, adaptabilité, coordination et imputabilité renforcées, décisions fondées sur la donnée, réduction des réformes interrompues.

Conclusion : exécuter mieux pour transformer davantage

La transformation publique africaine dépend moins de la formulation stratégique que de l’exécution efficace. Les cadres Balanced Scorecard et XPP offrent une architecture robuste pour améliorer durablement la performance des services publiques.


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Salahdine OURZIK

Salahdine OURZIK — MBA, PMP, BSC/XPP, LMI
Consultant international senior dans la planification stratégique, la transformation organisationnelle et le développement du leadership.
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Références
Argyris, C., & Schön, D. (1978). Organizational Learning.
Christensen, T., & Lægreid, P. (2007). Transcending New Public Management.
Forbes Insights. (2016). Why Strategy Execution Unravels.
Hrebiniak, L. (2005). Making Strategy Work.
Kaplan & Norton (1992, 2001, 2008). Balanced Scorecard & Execution Premium.
Kotter, J. (1996). Leading Change.
World Bank. (2018). Africa’s Governance Report

Professionnaliser la commande publique : une formation de formateurs en marchés publics lancée à Yaoundé

Renforcer durablement les capacités en marchés publics

Une session de formation de formateurs, d’élaboration d’outils pédagogiques et de renforcement des compétences en marchés publics se déroule actuellement à Yaoundé, au Cameroun, et ce jusqu’au 6 mars 2026. Cette formation réunit 35 participants issus des institutions concernées par la commande publique et s’inscrit dans une démarche structurée visant à professionnaliser durablement les pratiques et à soutenir la transmission des savoirs au sein des administrations.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de professionnalisation du secteur des marchés publics, portée par l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), avec l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le Projet d’Appui à la Gouvernance des Finances Publiques (PAGFIP). Elle vise à structurer durablement les compétences et à renforcer l’efficacité des pratiques de gestion de la commande publique.

 

Une expertise internationale au service de la formation

La formation est conduite par SETYM International, dans une approche axée sur le transfert de compétences, la standardisation des outils pédagogiques et la mise en place d’un pool national de formateurs qualifiés capables de dispenser des formations normalisées aux acteurs de la commande publique.

L’ouverture de cette session a été marquée par la présence de M. Larbi BENNOUNA, Président Directeur Général de SETYM International, soulignant l’engagement de l’institution aux côtés des autorités camerounaises et de leurs partenaires dans le renforcement des capacités.

 

Formation des formateurs et élaboration des outils de formation dans le domaine des marchés publics

Des consultants mobilisés pour un impact durable

Pour la réalisation de cette formation, SETYM International s’appuie sur l’expertise et l’engagement de ses consultants Jean-Claude PIERI, Thierno Ousmane SY et Modeste YAMEOGO, que nous remercions pour la qualité de leur accompagnement et leur contribution active au bon déroulement de cette session.

Au-delà de la formation, cette initiative s’inscrit dans une vision à long terme visant à structurer la transmission des savoirs, renforcer les capacités institutionnelles et soutenir la professionnalisation continue de la commande publique au Cameroun.

Formation des formateurs et élaboration des outils de formation dans le domaine des marchés publics

L’engagement de SETYM International s’inscrit dans une démarche d’accompagnement durable des institutions publiques, axée sur le renforcement des capacités et la professionnalisation des pratiques. En misant sur la formation de formateurs et sur le développement d’outils pédagogiques adaptés, cette approche contribue à structurer la transmission des savoirs et à soutenir une gestion de la commande publique plus efficace et plus transparente.

Cette initiative a également bénéficié d’une couverture dans le journal Cameroon Tribune, quotidien national de référence, à travers la publication du communiqué officiel de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP). Cette parution met en lumière l’importance accordée à cette formation de formateurs, ainsi que le rôle de SETYM International dans l’accompagnement des institutions camerounaises en matière de professionnalisation de la commande publique. Elle témoigne de la portée institutionnelle de cette démarche et de sa contribution au renforcement durable des capacités dans le secteur des marchés publics au Cameroun.

Retrouvez ci-dessous le communiqué publié dans le journal :

Professionnalisation de la commande publique

Joseph NGO, Directeur Général à l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP) a rédigé ce communiqué parut dans le Cameroon Tribune du 19 janvier dernier :

« Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de renforcement des capacités dans le domaine des Marchés Publics et conformément à son Plan Stratégique de Performance à l’horizon 2030, l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), Surveillant et Facilitateur du système, a initié un programme de formation et de certification des formateurs dans le domaine des Marchés Publics au Cameroun.

La première session de formation certifiante d’une trentaine de formateurs se déroulera du 19 janvier au 06 mars 2026 à Yaoundé, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD), à travers le Projet d’Appui à la Gouvernance des Finances Publiques (PAGFIP).

Conduite sous l’expertise de SETYM International et soutenue par la plateforme innovante e-learning du système PRIDESOFT, cette formation s’inscrit dans la stratégie globale de professionnalisation de la chaîne des compétences impliquées dans toutes les étapes du cycle de gestion de la Commande Publique. Elle vise à la fois l’élaboration des outils de formation standardisés et le déploiement d’un pool national de formateurs accrédités, appelés à dispenser des formations normalisées aux acteurs de la passation des Marchés Publics. »

Consulter la page sur la professionnalisation de la commande publique

 

La planification des ressources humaines, quel défi dans un contexte socio-économique instable !

Johanne St-Onge

Je souhaite partager avec vous quelques idées et expériences sur la planification RH dans une perspective à moyen et long terme, en prenant pour acquis que les systèmes de planification hebdomadaire et mensuelle sont présents dans votre organisation.

Trop souvent, j’ai été confrontée à l’argumentaire suivant des managers « À quoi bon investir du temps à planifier lorsque la planification ne peut pas tenir, il y a trop d’imprévus, trop de changements. Quelles sont nos solutions en contexte de pénurie de personnel compétent ? »

– Johanne St-Onge, Coach de gestion et leadership, certifiée NOVA Global.

Les fondements d’une planification RH structurée

Commençons par les objectifs et les informations nécessaires à ce processus qui pourra s’étaler dans le temps selon la taille de l’entreprise ou organisme entre un et trois mois. Si l’on vise plus de 2 années le processus sera plus long.
Les leaders RH chercheront à anticiper les besoins futurs c’est-à-dire remplacer les départs à la retraite/les démissions, la croissance du volume d’activités, les projets à venir. En 2023, près de 22 % des travailleurs au Québec avaient 55 ans et plus, selon l’Institut de la statistique du Québec. Cette réalité démographique augmente la pression sur les entreprises pour mettre en place des plans de relève robustes.

C’est à ce moment que les systèmes d’information entrent en jeu. La disponibilité des informations suivantes en temps réel est un atout. Un tableau le plus complet sur les effectifs actuels sur les plans quantitatif et qualitatif tels que leur positionnement dans l’organisation, le poste et le service, ainsi que les compétences et expérience requises par les différentes fonctions représentent le point de départ de l’analyse à mener.
La pyramide des âges, les règlements sur la mobilité interne et certaines données stratégiques en lien avec les marchés et la croissance anticipés, les périodes saisonnières ou la demande est plus élevée ou moindre, les projets qui seront lancés, font partie des informations qui permettront d’établir les prévisions des RH.

rencontre professionnelle

Optimiser les effectifs : charge de travail, congés et plan de relève

Estimer la charge de travail de certains postes ou départements n’est pas simple mais peut s’avérer fort utile pour éviter les pénuries ou surplus de personnel. Fréquemment nous entendons « Je suis débordé, il me faut du renfort ». Spontanément, le gestionnaire lancera une réquisition pour ajouter une ressource, est-ce vraiment un bon réflexe ? OUI si le demandeur arrive à démontrer avec des faits que le volume d’activités a augmenté, que certains équipements manquants nuisent à l’efficacité ou encore que les tâches attribuées à l’équipe sont mal réparties. NON si la décision d’ajouter du personnel relève de l’émotion transmise par la personne en poste. Celle-ci peut être plus fatiguée pour toutes sortes de raisons, préoccupée par une situation familiale exceptionnelle qui vient perturber son travail ou en lien avec un nouveau collègue qui n’a pas encore acquis la vitesse ou les connaissances requises pour assurer sa propre production.

Préparez-vous à poser les bonnes questions pour identifier les sources de cette surcharge ou de répartition inéquitable entre les collaborateurs.
Nous savons que les projets à venir peuvent nécessiter de la formation continue pour le personnel concerné. Pensons à l’implantation d’un nouveau CRM pour l’équipe commerciale, le démarrage d’une 2e chaîne de production avec des machines jusqu’à ce jour inconnues des opérateurs. Tout projet doit être accompagné de l’identification des compétences à développer et d’un plan de mise en œuvre pour le renforcement des capacités de tous et chacun.

La période des congés annuels et autres types de congé requiert une attention particulière. Un congé refusé pour des raisons de manque de planification pourrait affecter l’atmosphère de travail et les résultats attendus.
Disposer d’une vue d’ensemble sur les promotions ou mobilités internes à venir n’est pas évident. Et pourtant un plan de relève bien ficelé nous évite des coûts supplémentaires en termes de recrutement et de formation interne ou externe selon la politique de l’organisation. Certains postes identifiés comme stratégiques peuvent demander jusqu’à deux années et plus de prévisions.

Optimiser les coûts RH

Tel que mentionné précédemment, le processus de planification à moyen et long terme, prend en considération la planification quotidienne et mensuelle. En favorisant une meilleure allocation des ressources, ce travail vise à réduire les heures à temps supplémentaire ainsi que le recours à des ressources externes temporaires.

Le comité responsable de la planification globale veillera à inclure les coûts salariaux afin de faciliter les prévisions budgétaires de l’entreprise.  Selon une étude de Gallup (2022), le coût moyen d’un remplacement de salarié représente entre 50 % et 200 % de son salaire annuel, en fonction de la complexité du poste.  De plus, le Conference Board du Canada estime que chaque jour de vacance d’un poste critique peut coûter jusqu’à 500 $ en perte de productivité.  Une équipe bien planifiée est plus stable et plus productive.

Pour réussir cette mission de planification, car il s’agit bien d’une mission interpellant plusieurs acteurs plus qu’une simple tâche administrative souvent négligée, vous préparerez deux à trois scénarios du plus optimiste au plus pessimiste en passant par le réaliste.  Ces différentes options vous offrent la capacité de vous adapter à toutes situations avec agilité.

À titre de professionnels avertis, vous êtes conscients que les RH sont une matière dynamique qui bouge, le portrait d’aujourd’hui est différent de celui de demain. Habituellement une fois la mise en oeuvre de la planification lancée, la personne responsable inscrira à l’agenda un suivi périodique des prévisions, soit trimestriel ou semestriel selon les besoins. Elle communiquera régulièrement au comité directeur l’état d’avancement ainsi que les obstacles rencontrés et les solutions proposées.

 

Article RH

En résumé, la planification du personnel est un élément clé de la gestion des ressources humaines et de la performance opérationnelle. Une démarche de planification RH permet d’anticiper et d’optimiser les besoins en ressources humaines tout en assurant un bon climat de travail.
L’implication des collaborateurs et la communication avec les décideurs représentent des atouts pour l’atteinte du but ultime qui est de « disposer des personnes compétentes et motivées, en quantité au bon moment et au bon endroit.

La suite à venir : développer un argumentaire convainquant auprès des décideurs pour combler les besoins existants du personnel. Peut-on imaginer qu’il n’y aura pas de planification financière ou matérielle cette année?  Bien sûr que non!

Article RH

 

 

Johanne St-Onge

Un article de Johanne St-Onge

Coach de gestion et leadership, certifiée NOVA Global.

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SETYM International au Africa CEO Forum 2025 : rencontres stratégiques et engagement renouvelé

Abidjan, Côte d’Ivoire — La 12ᵉ édition de l’Africa CEO Forum, tenue les 13 et 14 mai 2025, a réuni plus de 2 000 chefs d’entreprise, investisseurs, ministres, décideurs politiques et chefs d’État venus d’Afrique et du monde entier pour réfléchir à l’avenir économique du continent.
SETYM International y était représentée par son Président Directeur Général, M. Larbi Bennouna, qui a pris part à plusieurs rencontres de haut niveau dans le cadre de ce sommet incontournable du secteur privé africain.

Un sommet placé sous le signe du partenariat public-privé

Le thème central de cette édition, « Un New Deal Public-Privé peut-il rebattre les cartes au profit du continent ? », a mis en lumière les transformations économiques profondes en cours, et la nécessité de bâtir des alliances solides entre acteurs institutionnels et économiques pour assurer une croissance durable et inclusive.

Pendant deux jours, conférences, panels et échanges ont permis d’aborder des enjeux majeurs tels que :

  • la souveraineté économique,
  • la montée des chaînes de valeur locales,
  • le développement des infrastructures,
  • la modernisation des administrations publiques,
  • et le rôle croissant du secteur privé dans la transformation des économies africaines.

PPP

Des partenaires canadiens et québécois mobilisés

La participation de M. Bennouna à l’événement a été marquée par plusieurs rencontres organisées par le Service des délégués commerciaux du Canada, un réseau présent dans plus de 160 villes à travers le monde, dont la mission est de soutenir les entreprises canadiennes dans leur expansion internationale grâce à un accompagnement ciblé, des débouchés concrets et des programmes de financement adaptés.

Au nom de SETYM International, M. Bennouna a tenu à remercier chaleureusement toute l’équipe pour son professionnalisme, son engagement sur le terrain et son soutien constant.

SETYM tient également à souligner le travail remarquable d’Investissement Québec International (IQI), dont la présence active à Abidjan témoigne d’un réel engagement envers la collaboration économique entre le Québec et le continent africain. Les échanges menés ont permis de renforcer des liens stratégiques dans une vision commune de développement durable et de rayonnement international.

Enfin, cette mission s’est déroulée avec le précieux soutien de la représentation du Québec à Abidjan, qui joue un rôle central dans la consolidation des relations institutionnelles et économiques entre le Québec et les pays africains.

L’Équipe des délégués commerciaux (Canada) à Abidjan
L’Équipe des délégués commerciaux (Canada)
La sous Ministre (Mme Audet), la Directrice du Bureau du QC (Mme Sultan), votre serviteur et le DG de Investissement Québec (M. Bolduc) (1)
Mme Marie-Josée Audet • Mme Marie-Hélène Sultan • M. Hubert Bolduc
SE l’Ambassadeur du Canada en CI
Son Excellence, M. Anderson Blanc, Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire

Une présence alignée avec notre mission

Depuis plus de 35 ans, SETYM International accompagne les gouvernements, les agences de développement et les acteurs du secteur public africain dans leurs efforts de professionnalisation, de gouvernance et de gestion de projet.

Notre présence à l’Africa CEO Forum s’inscrit dans cette volonté d’être au cœur des dynamiques de changement, en contribuant activement au renforcement des capacités locales et à l’évolution des pratiques de gestion publique.

Monsieur Larbi Bennouna en rencontre

 

L’Africa CEO Forum 2025 a confirmé l’importance du dialogue multisectoriel et de la coopération internationale pour répondre aux défis économiques actuels.
Grâce à ses rencontres stratégiques et à l’engagement de ses partenaires canadiens et québécois, SETYM International réaffirme sa position de partenaire de confiance pour le développement institutionnel, en Afrique comme ailleurs.

 

 

Le leadership inspiré : cultiver le bonheur au travail dans tous les secteurs

Dans l’environnement professionnel actuel, en constante évolution, le bien-être des employés est devenu un moteur essentiel de la réussite organisationnelle, et ce, dans tous les secteurs. Le Bonheur au Travail (BAT) n’est plus un simple avantage, mais un fondement d’une culture organisationnelle florissante et performante.

Cet article explore le rôle central du leadership dans la promotion du BAT, en s’appuyant sur une recherche qui intègre diverses perspectives sur ce qui définit véritablement le bonheur dans un contexte professionnel.

La nature multifacettes du Bonheur au Travail

La recherche, qui comprend une enquête auprès de professionnels de divers secteurs, révèle que le BAT est un concept complexe aux multiples dimensions interdépendantes. Il ne s’agit pas uniquement de rémunération financière ou de sécurité d’emploi, mais d’un ensemble de facteurs qui contribuent au sentiment général de bien-être et d’épanouissement de l’employé.

Les éléments clés du BAT, tels que soulignés par les participants à l’enquête, comprennent :

  • Sentiment d’être valorisé et apprécié : Les employés soulignent l’importance de se sentir respectés et reconnus pour leurs contributions. Comme l’a noté un participant, le BAT est « un état d’esprit où un employé se sent apprécié et respecté par ses pairs et ses supérieurs ».
  • But et sens : De nombreuses personnes expriment que le BAT est lié au sentiment de faire une différence et d’être en accord avec une mission. Un participant a déclaré : « Les gens ressentent des émotions positives et agréables sur le lieu de travail lorsqu’ils ont l’impression d’apporter de la valeur. Ils se sentent utiles et ont l’impression de faire une différence, de s’aligner sur un but ».
  • Relations et collaboration : Des relations solides avec les collègues et un environnement de travail collaboratif sont constamment cités comme essentiels au BAT. Les participants soulignent l’importance d’ « un environnement de travail sain et d’une culture de travail qui privilégie le travail d’équipe et la transparence ».
  • Croissance et développement : Les opportunités d’apprentissage, de développement des compétences et d’avancement professionnel sont également cruciales. Comme le souligne Nabil Haijar, le BAT comprend des facteurs tels que « l’avenir professionnel, le développement professionnel et la stabilité sur le lieu de travail ».
  • Équilibre travail-vie personnelle : La capacité à concilier les responsabilités professionnelles et la vie personnelle est un thème récurrent, les participants soulignant l’importance de la flexibilité et du soutien.
Mains

L’Influence du leadership sur la culture du BAT

La recherche indique fortement que le leadership joue un rôle crucial dans la création de l’environnement de travail et l’influence sur le BAT des employés. Les leaders efficaces sont ceux qui donnent la priorité au bien-être de leurs équipes et qui créent une culture qui favorise le bonheur.

Les comportements clés du leadership qui contribuent au BAT comprennent :

  • Autonomisation et confiance : Les leaders qui responsabilisent les employés, délèguent les responsabilités et font confiance à leurs équipes pour prendre des décisions, ils cultivent un sentiment d’appropriation et de responsabilité. Comme le note Bassam Hajj, « lorsque les employés reçoivent des tâches et des responsabilités, des objectifs et des délais, ainsi que la liberté de prendre des décisions et des mesures pour atteindre leurs objectifs », ils éprouvent un BAT accru.
  • Reconnaissance et appréciation : Reconnaître et récompenser les employés pour leurs réalisations, tant sur le plan moral que financier, est essentiel. « Les performants, les travailleurs acharnés et les étoiles montantes doivent être reconnus et récompensés, moralement ou financièrement », déclare Bassam Hajj.
  • Communication ouverte : Créer un environnement communicatif et participatif où les employés se sentent entendus et valorisés est vital. Mohd Ateeque souligne l’importance d’un « environnement communicatif et participatif de l’organisation » pour favoriser le BAT.
  • Soutien et empathie : Les leaders qui apportent leur soutien, font preuve d’empathie et comprennent les circonstances personnelles de leurs employés. Ils contribuent de manière significative à leur bien-être.
  • Comportement éthique : L’équité, le respect et la transparence sont essentiels pour instaurer la confiance et créer un environnement de travail positif.
Bonheur au travail

Créer une culture du bonheur

En fin de compte, favoriser le BAT est une responsabilité partagée. Si le leadership donne le ton, les individus jouent également un rôle dans la contribution à un environnement de travail positif et favorable. Comme le souligne Mohd Ateeque, « il est de la responsabilité collective de l’organisation, des employés (managers/collaborateurs), du leadership et de la direction de veiller au Bonheur au Travail, qui est un facteur clé non seulement pour la satisfaction des employés, mais aussi pour le succès et la stabilité de l’organisation ».

En donnant la priorité au BAT, les organisations de tous les secteurs peuvent créer une expérience de travail plus engagée, productive et épanouissante pour leur personnel, ce qui se traduit par une plus grande réussite tant pour les individus que pour l’organisation dans son ensemble.

Hussein Baalbaki

Un article d’Hussein Baalbaki

Doctorant en administration des affaires, consultant en bonheur des employés.

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